la compagnie

Editos

Sète et création

Petit retour sur notre session d’écriture à Sète pour le prochain spectacle : Jean Marie (titre encore provisoire).

 

Un accueil impeccable de Pascal et Josy avec plusieurs moments de convivialité à la hauteur de leur réputation, huîtres dans les halles, apéro visionnage de leur DVD hyper bien fait. Encore un grand merci. Vivement septembre 2011 pour la présentation du spectacle.

 

Mais ça a aussi bossé ! Ci-dessous les 1ers jets d’une séquence…

 

Jean Marie s’effondre totalement, on le voit complètement déprimé, abasourdi, abattu en larmes. Il tourne en rond lentement, il essaye de reprendre ses esprits mais n’y arrive pas puis il tente de parler au public, en vain. Il recommence mais les mots ne sortent pas de sa bouche. Il sent monter en lui un trop plein d’émotion, comme s’il n’avait jamais exprimé ce type de sentiments. Les larmes lui montent aux yeux. Quelques bribes de mots émergent : arhh, ohrr !  Il commence à délirer en quelques mots en quelques métaphores d’une manière lyrique, onirique sur la peur de la mort, il en fait des cauchemars, on lit dans ses yeux le désespoir, sa détresse face à l’échéance mortelle, au temps qui passe, à son âge avancé. Tout à coup, Jean Marie pris dans ces obsessions, commence par faire de grands gestes avec ses mains comme une marionnette animée par je ne sais quel sentiment. On a l’impression qu’il aperçoit, devine cherche à nous montrer à nous décrire quelque chose d’invisible, d’irréel, d’irrationnel  puis ses yeux se tournent vers le masque du petit Gabriel il le prend dans ses mains, le caresse, le soulève et le porte bien au-dessus de ses épaules telle une incantation vaudou puis il commence à débiter des mots incompréhensibles pour le commun des mortels comme s’il était en transe. Il commence à tourner autour de la perf en singeant cette mort, cette faucheuse de vies à qui il veut tenir tête. Il feint de la toucher lui demande de quitter les lieux de repasser plus tard, qu’il n’a pas son agenda, qu’il est débordé en ce moment, qu’il est en pleine réfection de la cantine de l’école bref qu’il a d’autres choses plus importantes à faire que de mourir aujourd’hui devant tous ces gens, qu’il doit passer à la ferme voir Serge qu’il doit penser à faire le chèque à Richard et payer le loyer d’Huguette. On commence à voir Jean Marie se comporter d’une manière curieuse, bizarre, incohérente. Il fait des gestes désordonnés, incompréhensibles, on a l’impression qu’il tente de chasser des insectes volants. Tout à coup Jean Marie se fige, transi seul ses yeux puis son visage se concentrent sur le haut de son avant bras, de sa main droite, d’une manière fulgurante il se frappe violemment sur l’avant bras, puis sur l’autre, sur sa cuisse son autre cuisse, ses pieds, son torse, il se tourne, remue dans tous les sens puis il se détourne vers le public aperçoit son ennemi juré sur la tête de quelqu’un s’en approche doucement commence à esquisser un grand geste de la main droite comme s’il voulait frapper fort puis sa main saisie fugacement un pseudo insecte symbole pour Jean Marie de la faucheuse. Il redresse le torse, toise la perf et fier comme un bar tabac déclare : c’est pas encore…  mon  tour !

 

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